Un coût qui ne fait qu’augmenter
La congestion routière dans la région du Grand-Montréal aurait coûté à ses automobilistes la somme de 6,13 milliards de dollars. Le montant a été calculé par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), en utilisant seulement trois critères, dont le temps perdu sur la route, les frais supplémentaires en carburant et l’usure des véhicules. Ce coût augmentera avec le temps si aucune mesure n’est prise pour freiner l’« autosolisme ».
La voiture individuelle : un réflexe bien ancré
Source de joie et de liberté, mais aussi de stress et de rage au volant, l’utilisation individuelle de la voiture est en constante augmentation au Québec depuis les dernières décennies, malgré les coûts d’achat et d’entretien qui augmentent. Aujourd’hui, 43% de l’empreinte environnementale des activités de la province est attribuable au transport, ce qui est peu surprenant lorsque 82% des Québécois.es indiquent utiliser leur voiture comme mode de transport principal. Malgré quelques évolutions positives vers le télétravail, la tendance est au retour en présence sur le lieu du travail, ce qui mène aux embouteillages que nous avons tous et toutes déjà vécus.
Le plan de mobilité : un outil puissant entre les mains des employeurs
D’où la responsabilité des employeurs, mais également des pouvoirs publics, d’adresser cet enjeu afin de diminuer la part l’autosolisme et augmenter celle des autres modes de transport (autobus, train, vélo, marche, covoiturage) grâce à la mise en place d’un plan de mobilité. C’est un processus continu qui permet non seulement à une entreprise de dresser le portrait de sa situation actuelle, mais c’est un outil puissant pour mettre en place un écosystème de mesures se renforçant l’une et l’autre dans une perspective de faire évoluer les habitudes de déplacements.
Le stationnement : levier central du report modal
Un des facteurs clés de réussite est de cibler le stationnement et mieux encadrer son utilisation. La mise à disposition d’un nombre important de places et la non-tarification du stationnement sont deux facteurs influant directement le taux d’autosolisme : plus il y a de places et que celles-ci sont peu dispendieuses ou gratuites, plus l’autosolisme sera élevé. Il est donc impératif de mettre en place un système de gestion du stationnement pour favoriser le report modal vers des modes plus durables. En plaçant l’équité de traitement au cœur de son analyse et de ses recommandations, nous proposons justement d’adresser frontalement cet enjeu. Pour que chaque personne puisse utiliser le bon mode pour le bon déplacement, nos recommandations s’orientent vers des mesures concrètes permettant de créer un écosystème de mesures favorisant le report modal afin de tendre vers une mobilité heureuse en entreprise.